boufonjulie250
"C'est un malheur du temps
que les fous guident les aveugles"

William Shakespeare - "le Roi Lear"
naufrage15
Ouari Boumedienne
" Un jour, des millions d’hommes quitteront l’hémisphère sud pour aller dans l’hémisphère nord. Et ils n’iront pas là-bas en tant qu’amis. Parce qu’ils iront là-bas pour le conquérir. Et ils le conquerront avec leurs fils. Le ventre de nos femmes nous donnera la victoire. "
Houari Boumedienne
Président République Algérienne
Assemblée Générale Extraordinaire ONU 10.04.1974

Evidences !

hugo
"Je sais que c'est la coutume
D'adorer ces nains géants
Qui, parce qu'ils sont écume,
Se supposent océans ;"
Victor Hugo 1802-1885 : Les Contemplations, 1856


finkielkraut125
"L’antiracisme est le communisme du XXIe siècle."
"Plus la diversité est problématique, plus vous êtes condamnés à l’aimer
sous peine de racisme."
Alain Finkielkraut, de l'Académie Française

Voix d'outre-tombe

ormesson
C’est quand même un phénomène étonnant, Hollande. […]
C’est un homme qui est double : il se regarde sans cesse faire.
Et qu’est-ce qu’il fait ?
Pas grand-chose. Il passe son temps à commenter ce qu’il a fait ou ce qu’il n’a pas fait ;"
Jean d’Ormesson, 1925-2017
prevert
Quand la vérité n'est pas libre, la liberté n'est pas vraie
Jacques Prévert, 1900-1977

Cinquième colonne

boufonjulie250
"C'est une chance pour la France d'être le premier pays musulman d'Europe
Edwin Plenel - "20 minutes" - 19.09.2014

Une cicatrice pour l'histoire

bozo
Mensonges, démagogie, manipulations, incompétence,  pour ambition ; mépris, arrogance, morgue et dédain pour méthode !

Prophéties

blaise pascal Il y a des gens qui mentent simplement pour mentir.

--Blaise Pascal Mathématicien, Physicien, Philosophe, Théologien

 

lincoln64On peut mentir une fois à tout le monde, tout le temps à une personne mais pas tout le temps à tout le monde

--Abraham Lincoln Président des Etat-Unis

 

sarkozyFrançois Hollande ment le matin, le midi et même le soir ; il abaisse la République et la démocratie

--Nicolas Sarkozy Président de la République 2007-2012

 

montebourg« Hollande ment tout le temps. C'est pour ça qu'il est à 20% dans les sondages. Il ment. Il ment tout le temps depuis le début

--Arnaud Montebourg Ministre socialiste

 

cahuzacC'est moins grave de mentir  pendant quinze secondes devant 577 députés que de mentir depuis un an sur l'état de la France, comme le fait François Hollande…!

--Jérôme Cahuzac Ministre du budget

niel64Quand les journalistes m’emmerdent je prends une participation dans leur canard et après ils me foutent la paix

--Xavier Niel Rastignac, Groupe Free, Groupe de presse BNP

 

taubira Hollande a jonglé entre opposants et partisans, fait plaisir à la droite et au FN. Il s'est pris pour Mitterrand, mais il lui manque un étage

--Christiane Taubira Ministre socialiste, Indépendantiste

 

dutourdLe malheur des gens qui ont beaucoup menti est que personne les croit lorsqu'ils disent la vérité

--Jean Dutourd Mascareigne

 

RevelLes socialistes ont une si haute idée de leur propre moralité qu'on croirait presque, à les entendre, qu'ils rendent la corruption honnête en s'y livrant

--J.F.Revel Philosophe

 

aubry64 J’avais raison, Hollande est un incapable. Il a tout raté : le chômage, il n’a pas réussi à le faire baisser, et la croissance n’est pas au rendez-vous. Tout va de travers.

--Martine Aubry Ministre socialiste, Premier secrétaire du Parti socialiste

 

allegre64 L'une des caractéristiques de François Hollande, c'est de considérer que le mensonge est une pratique normale en politique

--Claude Allègre Géochimiste, Ministre socialiste de l'Education Nationale

 

adolf hitler Si vous désirez la sympathie des masses, vous devez leur dire les choses les plus stupides et les plus crues

--Adolf Hitler Chancelier Reich allemand, criminel de guerre

 

Poésie ...

prevertQuand la vérité n'est pas libre, la liberté n'est pas vraie"

--Jacques Prévert  Poète, "Spectacles" 1951

 

Chronique d'un désastre annoncé

de_gaulle
Les gens de gauche ont rarement de grand projet, ils font de la démagogie. Et se servent des mouvements d’opinion.
La gauche tire le haut de la société vers le bas, par idéal d’égalitarisme. C’est comme ça que l’on a fini dans l’abîme en 1940…..
Les socialistes sont d’éternels utopistes, des déphasés, des apatrides mentaux… Ils gaspillent toujours la plus grande partie des crédits. On ne les a jamais vu dépenser efficacement les crédits… Je n’aime pas les socialistes, car ils ne sont pas socialistes…. Parce qu’ils sont incapables, Ils sont dangereux.
Charles de Gaulle 1890-1970

Minable, vous avez dit "minable" ? Comme c'est minable.
je suis né en 1948, j'ai commencé à travailler à l'âge de 14 ans comme imprimeur, comme manutentionnaire puis comme artiste dramatique. j'ai toujours payé mes taxes et impôts quelqu'en soit le taux sous tous les gouvernements en place.
A aucun moment, je n'ai failli à mes devoirs. Les films historiques auxquels j'ai participé témoignent de mon amour de la France et de son histoire.
Des personnages plus illustres que moi ont été expatriés ou ont quitté notre pays.
Je n'ai malheureusement plus rien à faire ici, mais je continuerai à aimer les français et de public avec lequel j'ai partagé tant d'émotion !
Je pars parce que vous considérez que le succès, la création, le talent, en fait, la différence, doivent être sanctionnés.
Je ne demande pas à être approuvé, je pourrais au moins être respecté.
Tous ceux qui ont quitté la France n'ont pas été injuriés comme je le suis.
Je n'ai pas à justifier les raisons de mon choix, qui sont nombreuses et intimes.
Je pars, après avoir payé en 2012, 85% d'impôt sur mes revenus. Mais je conserve l'esprit de cette France qui était belle et qui j'espère, le restera.
Je vous rends mon passeport et ma Sécurité Sociale, dont je ne me suis jamais servi. Nous n'avons plus la même patrie, je suis un vrai Européen, un citoyen du monde, comme mon père me l'a toujours inculqué.
Je trouve minable l'acharnement de la justice contre mon fils Guillaume jugé par des juges qui l'ont condamné tout gosse à 3 ans de prison ferme pour 2 grammes d'héroïne, quand tant d'autres échappaient à la prison pour des faits autrement plus graves.
Je ne jette pas la pierre à tous ceux qui ont du cholestérol, de l'hypertension, du diabète ou trop d'alcool ou ceux qui s'endorment sur leur scooter, je suis un des leurs, comme vos chers médias aiment tant à la répéter.
Je n'ai jamais tué personne, je ne pense pas avoir démérité, j'ai payé 145 millions d'euros d'impôts en 45 ans, je fais travailler 80 personnes dans des entreprises qui ont été créées por eux et qui sont gérées par eux.
Je ne suis ni à plaindre ni à vanter mais je refuse le mot "minable".
Qui êtes-vous pour me juger ainsi, je vous le demande Mr Ayrault, Premier ministre de mr Hollande, je vous le demande, qui êtes-vous ?
Malgré mes excès, monn appétit et mon amour de la vie, je suis un être libre, Monsieur, et je vais rester poli.

Gérard Depardieu

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fernand braudelFernand Braudel (1902-1985) Académicien français, Professeur au Collège de France, reconnu comme l'un des plus grands historiens du XXe siècle

"La seule grande ville de l'intérieur, en-dehors de Paris, est Toulouse. Malgré des poids terriblement inégaux des deux villes (hier et aujourd'hui), ce rapprochement semble à la réflexion, avoir sa logique. Ne s'agit-il pas des centres de gravité des deux plus vastes bassins sédimentaires de France, le bassin Parisien et le bassin d'Aquitaine ? Toulouse est favorisée par sa position géographique, face au Massif Central, à la Méditerranée, aux Pyrénées, à l'Espagne et à l'Atlantique. Une région céréalière proche et riche équilibre sa vie. La Garonne peut se comparer à la Seine, même si la comparaison ne tourne pas à son avantage. La ville a aussi, des siècles durant, dominé le monde composite et culturellement doué du Languedoc. L'histoire la favorisant, sa langue, comme la langue de l'Ile-de-France, aurait pu conquérir de vastes espaces, au-delà du Rhône comme vers l'océan. Toulouse, un Paris qui n'aura pas réussi ? Aujourd'hui, prendrait-elle sa revanche ... ?

Ces idées paraîtront, sans doute, insolites. Et pourtant ne rejoignent-elles pas l'essentiel, je veux dire, une fois de plus, la coexistence de deux Frances, celle d'oil et celle d'oc ? Est-ce Paris qui a infériorisé, tué à distance la ville de la violette, comme elle a maintenu sous le boisseau Orléans ou Reims, ces rivales du Nord où l'histoire de France aurait pu trouver son centre de gravité ..."

 

In "Identité de la France", livre 1 : "Espace et Territoire",
chapitre 2 : "Cohésion du Peuplement",
section 3 : "les Villes",
p.217  "Place aux grandes villes"

 

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fernand braudelFernand Braudel (1902-1985) Académicien français, Professeur au Collège de France, reconnu comme l'un des plus grands historiens du XXe siècleA défaut d’unité physique, économique, sociale, la France aurait-elle l’avantage d’une unité culturelle ? Peut-être… Mais on sait d’avance, sans discussion possible, que s’il y a, au plus haut,une « civilisation » française une, élitiste, qui se veut éclat, splendeur, enveloppe, structure ou mieux superstructure, dominatiion, contrainte, il y a non moins, sur notre territoire, affrontées depuis des siècles, au moins deux larges civilisations sous-jacentes, avec chacune un royaume linguistique : la civilisation d’oil, qui a été victorieuse, la civilisation d’oc à qui le destin a réservé la situation, en gros, d’une presque colonie. Le Nord l’écrase de sa réussite matérielle… Donc, il y a cassure, plaie ouverte entre le Nord et le Midi de part et d’autre de la longue frontière linguistique qui court de La Réole sur la Garonne jusqu’au bassin du Var, englobant au passage, une notable partie du Massif Central et des Alpes …. Il est hors de doute, en tout cas, que le passé de la France se partage de part et d’autre de cette France médiane. D’ordinaire, ce qui se passe au Nord ne se passera pas de la même manière au Sud, et vice-versa : la civilisation (façon de naître, de vivre, d’aimer, de se marier, de penser, de croire, de rire, de se nourrir, de se nourrir, de se vêtir, de bâtir ses maisons et de regrouper ses champs, de se comporter les uns vis-à-vis des autres) n’est presque jamais la même du oui nordique au oui méridional, de l’oil à l’oc. Il y a eu, il y a encore, il y aura toujours, vers le sud, une « autre » France Une autre France, c’est ce que les gens du Nord ne cessent de découvrir et de clamer à tue-tête, avec à propos et hors de propos, car leur étonnement tourne plus d’une fois à la mauvaise humeur. Tant pis pour eux !

 

In : "L'identité de la France", livre 1 : "Espace et territoire",
chapitre 1 : "la France se nomme diversité",
section 2 : "Expliquer le divers", p.72 : "Langue d'Oc, langue d'oil"

 

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Article de "Jean Jaurès in « La Dépêche » - 15 août 1911"


Jaures 250Jean Jaurès" Il y a un an, dans le loisir d’esprit de nos vacances parlementaires, j’avais discuté la thèse de ceux qui croient pouvoir ressusciter en France une civilisation méridionale autonome et faire de la langue et de la littérature du Languedoc et de la France un grand instrument de culture. J’avais établi, je crois, qu’il y a là une grande part de chimère, que la langue et la littérature de la France étaient désormais et seraient de plus en plus pour tous les Français le moyen essentiel de civilisation, qu’au demeurant l’entreprise méridionale n’avait pas le caractère « populaire » et spontané qu’on affectait d’y voir ; qu’elle était pour une large part l’œuvre préméditée de bourgeois cultivés, pénétrés des lettres classiques, et qui avaient retrouvé et ranimé, par érudition autant que par inspiration des sources longtemps endormies ; j’ajouterai qu’au demeurant la création littéraire de ces hommes était souvent raffinée, plus large et virgilienne, mais de forte tradition païenne avec Fourès ; amoureuse, vivante, et passionnée mais de tour et de souvenir hellénique chez Aubanel ; et que seuls ceux qui connaissaient les grands chemins battus du Parnasse et de l’Olympe pouvaient goûter tout le charme de ces sentiers sinueux de la poésie méridionale qui courent en feston le long des grandes routes glorieuses.

Mais je disais aussi avec une force de conviction qui ne fait que s’accroître que ce mouvement du génie méridional pouvait être utilisé pour la culture du peuple du Midi. Pourquoi ne pas profiter de ce que la plupart des enfants de nos écoles connaissent et parlent encore ce que l’on appelle d’un nom grossier « le patois ». Ce ne serait pas négliger le français : ce serait le mieux apprendre, au contraire, que de le comparer familièrement dans son vocabulaire, sa syntaxe, dans ses moyens d’expression, avec le languedocien et le provençal. Ce serait, pour le peuple de la France du Midi, le sujet de l’étude linguistique la plus vivante, la plus familière, la plus féconde pour l’esprit.

Par là serait exercée cette faculté de comparaison et de raisonnement, cette habitude de saisir entre deux objets voisins, les ressemblances et les différences, qui est le fond même de l’intelligence. Par là aussi, le peuple de notre France méridionale connaît un sentiment plus direct, plus intime, plus profond de nos origines latines. Même sans apprendre le latin, ils seraient conduits, par la comparaison systématique du français et du languedocien ou du provençal, à entrevoir, à reconnaître le fonds commun de latinité d’où émanent le dialecte du Nord et le dialecte du Midi. Des siècles d’histoire s’éclaireraient en lui et, penché sur cet abîme, il entendrait le murmure lointain des sources profondes.

Et tout ce qui donne de la profondeur à la vie est un grand bien. Aussi, le sens du mystère qui est pour une grande part le sens de la poésie, s’éveille dans l’âme. Et elle reçoit une double et grandiose leçon de tradition et de révolution, puisqu’elle a, dans cette chose si prodigieuse et si familière à la fois qu’est le langage, la révélation que tout subsiste et que tout se transforme. Le parler de Rome a disparu, mais il demeure jusque dans le patois de nos paysans comme si leurs pauvres chaumières étaient bâties avec les pierres des palais romains.

Du même coup, ce qu’on appelle « le patois », est relevé et comme magnifié. Il serait facile aux éducateurs, aux maîtres de nos écoles de montrer comment, aux XIIe et XIIIe siècles, le dialecte du Midi était un noble langage de courtoisie, de poésie et d’art ; comment il a perdu le gouvernement des esprits par la primauté politique de la France du Nord, mais que de merveilleuses ressources subsistent en lui. Il est un des rameaux de cet arbre magnifique qui couvre de ses feuilles bruissantes l’Europe du soleil, l’Italie, l’Espagne, le Portugal. Quiconque connaîtrait bien notre languedocien et serait averti par quelques exemples de ses particularités phonétiques qui le distinguent de l’italien, de l’espagnol, du catalan, du portugais, serait en état d’apprendre très vite une de ces langues.

Et même si on ne les apprend pas, en effet, c’est un agrandissement d’horizon de sentir cette fraternité du langage avec les peuples latins. Elle est bien plus visible et sensible dans nos dialectes du Midi que dans la langue française, qui est une sœur aussi pour les autres langues latines, mais une sœur un peu déguisée, une sœur « qui a fait le voyage de Paris ». L’Italie, l’Espagne, le Portugal s’animent pour de plus hauts destins, pour de magnifiques conquêtes de civilisation et de liberté. Quelle joie et quelle force pour notre France du Midi si, par une connaissance plus rationnelle et plus réfléchie de sa propre langue et par quelques comparaisons très simples avec le français d’une part, avec l’espagnol et le portugais d’autre part, elle sentait jusque dans son organisme la solidarité profonde de sa vie avec toute la civilisation latine !

Dans les quelques jours que j’ai passés à Lisbonne, il m’a semblé plus d’une fois, à entendre dans les rues les vifs propos, les joyeux appels du peuple, à lire les enseignes des boutiques, que je me promenais dans Toulouse qui serait restée une capitale, qui n’aurait pas subi, dans sa langue une déchéance historique et qui aurait gardé, sur le fronton de ses édifices, comme à la devanture de ses plus modestes boutiques, aux plus glorieuses comme aux plus humbles enseignes, ses mots d’autrefois, populaires et royaux. De se sentir en communication avec la beauté classique par les œuvres de ses poètes, de se sentir en communication par sa substance même avec les plus nobles langues des peuples latins, le langage de la France méridionale recevra un renouveau de fierté et de vie. Notre languedocien et notre provençal ne sont guère plus que des baies désertées, où ne passe plus le grand commerce du monde ; mais elles ouvrent sur la grande mer des langages et des races latines, sur cette « seigneurie bleue » dont parle le grand poète du Portugal.

Il faut apprendre aux enfants la facilité des passages et leur montrer par delà la barre un peu ensablée, toute l’ouverture de l’horizon.

J’aimerais bien que les instituteurs, dans leurs Congrès, mettent la question à l’étude.

C’est de Lisbonne que j’ai écrit ces lignes, au moment de partir pour un assez lointain voyage, où je retrouverai d’ailleurs, de l’autre côté de l’Atlantique, le génie latin en plein épanouissement. C’est de la pointe de l’Europe latine que j’envoie à notre France du Midi cette pensée filiale, cet acte de foi en l’avenir, ces vœux de l’enrichissement de la France totale par une meilleure mise en œuvre des richesses du Midi latin. "

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Article de Jean Jaurès in "Revue de l’Enseignement Primaire" - 15 octobre 1911

Jaures 250Jean Jaurès" Il y a quelques semaines, j’ai eu l’occasion d’admirer en pays basque, comment un antique langage, qu’on ne sait à quelle famille rattacher, avait disparu. Dans les rues de Saint-Jean-de-Luz on n’entendait guère parler que le basque, par la bourgeoisie comme par le peuple ; et c’était comme la familiarité d’un passé profond et mystérieux continué dans la vie de chaque jour. Par quel prodige cette langue si différente de toutes autres s’est-elle maintenue en ce coin de terre ?

Mais quand j’ai voulu me rendre compte de son mécanisme, je n’ai trouvé aucune indication. Pas une grammaire basque, pas un lexique basque dans Saint-Jean-de-Luz où il y a pourtant de bonnes librairies. Quand j’interrogeais les enfants basques, jouant sur la plage, ils avaient le plus grand plaisir à me nommer dans leur langue le ciel, la mer, le sable, les parties du corps humain, les objets familiers ! Mais ils n’avaient pas la moindre idée de sa structure, et quoique plusieurs d’entre eux fussent de bons élèves de nos écoles laïques, ils n’avaient jamais songé à appliquer au langage antique et original qu’ils parlaient dès l’enfance, les procédés d’analyse qu’ils sont habitués à appliquer à la langue française.

C’est évidemment que les maîtres ne les y avaient point invités. Pourquoi cela, et d’où vient ce délaissement ? Puisque ces enfants parlent deux langues, pourquoi ne pas leur apprendre à les comparer et à se rendre compte de l’une et de l’autre ? Il n’y a pas de meilleur exercice pour l’esprit que ces comparaisons ; cette recherche des analogies et des différences en une matière que l’on connaît bien est une des meilleures préparation de l’intelligence. Et l’esprit devient plus sensible à la beauté d’une langue basque, par comparaison avec une autre langue il saisit mieux le caractère propre de chacun, l’originalité de sa syntaxe, la logique intérieure qui en commande toutes les parties et qui lui assure une sorte d’unité organique.

Ce qui est vrai du basque est vrai du breton. Ce serait une éducation de force et de souplesse pour les jeunes esprits ; ce serait aussi un chemin ouvert, un élargissement de l’horizon historique.

Mais comme cela est plus vrai encore et plus frappant pour nos langues méridionales, pour le limousin, le languedocien, le provençal ! Ce sont, comme le français, des langues d’origine latine, et il y aurait le plus grand intérêt à habituer l’esprit à saisir les ressemblances et les différences, à démêler par des exemples familiers les lois qui ont présidé à la formation de la langue française du Nord et de la langue française du Midi. Il y aurait pour les jeunes enfants, sous la direction de leurs maîtres, la joie de charmantes et perpétuelles découvertes. Ils auraient aussi un sentiment plus net, plus vif, de ce qu’a été le développement de la civilisation méridionale, et ils pourraient prendre goût à bien des œuvres charmantes du génie du Midi, si on prenait soin de les rajeunir un peu, de les rapprocher par de très légères modifications du provençal moderne et du languedocien moderne.

Même sans étudier le latin, les enfants verraient apparaître sous la langue française du Nord et sous celle du Midi, et dans la lumière même de la comparaison, le fonds commun de latinité, et les origines profondes de notre peuple de France s’éclaireraient ainsi, pour le peuple même, d’une pénétrante clarté. Amener les nations et les races à la pleine conscience d’elles-mêmes est une des plus hautes œuvres de civilisation qui puissent être tentées. De même que l’organisation collective de la production et de la propriété suppose une forte éducation des individus, tout un système de garanties des efforts individuels et des droits individuels, de même la réalisation de l’unité humaine ne sera féconde et grande que si les peuples et les races, tout en associant leurs efforts, tout en agrandissant et complétant leur culture propre par la culture des autres, maintiennent et avivent dans la vaste Internationale de l’humanité, l’autonomie de leur conscience historique et l’originalité de leur génie.

J’ai été frappé de voir, au cours de mon voyage à travers les pays latins, que, en combinant le français et le languedocien, et par une certaine habitude des analogies, je comprenais en très peu de jours le portugais et l’espagnol. J’ai pu lire, comprendre et admirer au bout d’une semaine les grands poètes portugais. Dans les rues de Lisbonne, en entendant causer les passants, en lisant les enseignes, il me semblait être à Albi ou à Toulouse.

Si, par la comparaison du français et du languedocien, ou du provençal, les enfants du peuple, dans tout le Midi de la France, apprenaient à retrouver le même mot sous deux formes un peu différentes, ils auraient bientôt en main la clef qui leur ouvrirait, sans grands efforts, l’italien, le catalan, l’espagnol, le portugais. Et ils se sentiraient en harmonie naturelle, en communication aisée avec ce vaste monde des races latines, qui aujourd’hui, dans l’Europe méridionale et dans l’Amérique du Sud, développe tant de forces et d’audacieuses espérances. Pour l’expansion économique comme pour l’agrandissement intellectuel de la France du Midi, il y a là un problème de la plus haute importance, et sur lequel je me permets d’appeler l’attention des instituteurs."

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